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  • Audrey

LA règle MAGIQUE pour accueillir un élève différent dans une classe 'ordinaire'

Tu vas peut-être trouver que c’est un peu tapageur mais je suis dans une période culotée alors autant ne pas prendre de détours, pour moi, cette règle est LA base pour que cela fonctionne ! Je l'ai mise en pratique lors de mes expériences d’éducatrice au sein d’écoles ordinaires accueillant en intégration des enfants porteurs d’autisme. Applique-la et tu ne seras pas déçu(e) du résultat !



Avant de te révéler mon Sacro-Saint fonctionnement, je vais te parler de ma toute première expérience professionnelle, celle qui m’a encouragée à utiliser cette technique à chaque fois.


Mon premier boulot en tant qu’éducatrice spécialisée fraichement diplômée se passe dans une école spécialisée de type 2, comme référente d’une classe pour enfant porteurs d’autisme. L’éducatrice référente depuis plusieurs années est alors en écartement de grossesse. On me présente l’institutrice avec qui je vais travailler à temps plein, les élèves et le fonctionnement de la classe. Je peux lire les dossiers lorsque j’ai le temps, mais je suis en réalité directement plongée dans le quotidien de la classe. On m’explique alors en vitesse, deux, trois pistes pour chaque élève, leur fonctionnement.


Un petit loup m’intrigue, un peu enfant sauvage, il court partout, ne s'assied pas pour manger, mange avec les mains,... Il est souriant avec de grands yeux brun foncé qui pétillent. On m’explique que pour lui, il n’y a pas vraiment d’objectif mis en place à part celui qu’il ne s’enfuie pas de la classe, il n’y a pas vraiment de chose à en tirer, du moment qu’il passe une bonne journée... Mais comme il fallait bien remplir les cases d’objectifs pour l’année et que j’étais très studieuse et optimiste, je me suis dit que j’allais tenter quelques objectifs simples…


Petit miracle, il semble intéressé par ce que je lui propose et sourit d’une oreille à l’autre lorsque je lui montre de l'attention et ce que j’attends de lui (ranger son cartable, entendons-nous rien de bien dingue au départ) Et plus les semaines avancent, plus le regard de mes collègues changent sur lui. Elles commencent à lui proposer de petits exercices, de petits challenges jusqu’à aller lui proposer un système de communication par pictogrammes ! D’autres objectifs sont alors envisagés pour lui et il évolue d’année en année.

Aujourd’hui encore, je me nourri de cette expérience et me rappelle qu’une étiquette n’est jamais indélébile et qu’il suffit d’un autre regard pour que tout change pour quelqu’un.


Alors je ne vais pas te faire attendre davantage pour te donner la clé de l’accueil d’un enfant dit différent dans ta classe. La seule et unique règle à appliquer selon moi est celle-ci :


Observe-le et prend en compte qui il est, ses besoins et son unicité, pas uniquement le caractère de son handicap.


Oublies tout ce que tu as lu sur lui dans un premier temps, ceci fonctionne, cela le fait criser, etc. Garde le dans un mini recoin de ta tête sans faire de lien dans un premier temps. Cela a été vrai dans UN contexte, à UN moment précis dans UNE certaine relation. Entre temps, il a évolué et ce qui était vrai à ce moment PEUT ne plus l’être. Peut-être aussi que la démarche qui a été mise en place jusqu'ici ne te correspond pas et que ce que tu as à lui proposer va lui et te convenir.


Je ne te dis surtout pas d’y aller franco, sans réflexion car il se peut que son fonctionnement soit toujours d’actualité, mais ne prends pas les choses pour acquises. La relation de confiance que tu vas créer avec cet enfant et ton regard neutre va lui permettre de poser de nouvelles bases et d’évoluer. La relation de confiance voilà une clé précieuse pour vous permettre de vous apprivoiser et créer quelque chose ensemble.


Plus tard dans ma carrière, j’ai rencontré une institutrice de 3ème maternelle extraordinaire (Josiane tu te reconnaitras ;) ), qui a accueilli un enfant diagnostiqué autiste mais ne présentant pas vraiment les comportements types. Elle a alors tissé une vraie relation avec lui, le prenant comme il était, lui donnant confiance en elle, structurant ce qu’elle lui demandait et étant une référence stable pour lui. Au bout de l’année, l’enfant avait progressé incroyablement et le diagnostic a été revu, plus question d’autisme. (-il s'agissait ici d'un diagnostic erroné par les circonstances de la langue et de la non collaboration de l'enfant, chaque cas est unique-)


Que serait-il advenu de lui si cette institutrice lui avait collé l’étiquette et n’avait pas cherché à lui proposer des solutions adaptées à lui et non à ce qu’on dit de lui ? Si elle n’avait pas cherché à le connaître et à proposer des activités susceptibles d’éveiller son intérêt ? Aurait-il pu évoluer un jour ? Si oui, combien de temps aurait-il perdu à prouver aux adultes de quoi il était capable ?

J’ai conscience de la difficulté d’accueillir un enfant qui n’entre pas dans le moule préformé surtout dans les conditions actuelles des classes surpeuplées. Mais je sais que c’est possible et bénéfique pour TOUS les enfants de commencer une relation sans étiquette préalable.


Installer la relation avant de demander de remplir les objectifs ou de fournir des résultats sera une fondation solide pour le reste de l’année, et ce, peut importe si l’enfant a ou non un handicap visible ou invisible, diagnostiqué ou pas.


Et toi ? Que penses-tu de cette proposition ? Comment fonctionne-tu ? N’hésite pas à partager ton expérience cela peut réellement aider d'autres personnes !



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